Un parking souterrain de quatre niveaux avenue du Général de Gaulle, une fouille blindée de 9 mètres dans les argiles plastiques près du lac, un radier profond pour la future extension du CHU Henri Mondor. Créteil, sur ses alluvions récentes de la Marne et ses poches d'argile verte, concentre les chantiers où la géométrie de l'excavation change chaque semaine. La surveillance géotechnique des excavations devient alors le tableau de bord du chef de chantier. Sans inclinomètre, sans suivi topographique hebdomadaire, l'ouvrage travaille à l'aveugle. Nous posons des cibles optiques sur les voiles périphériques et des piézomètres à corde vibrante dans le terrain encaissant, puis nous croisons les séries temporelles avec les seuils définis en phase projet. À Créteil, où le toit des marnes et caillasses peut se rencontrer dès 7 mètres sous le TN, la raideur du soutènement ne se devine pas. Elle se mesure. Un essai au pénétromètre statique calibré dans les limons de la plaine alluviale donne le profil de résistance avant terrassement, et les colonnes ballastées sous nappe que nous réalisons parfois en amont apportent la portance nécessaire aux fondations profondes, évitant ainsi les tassements différentiels sur les remblais anthropiques de la ville.
Une excavation non instrumentée à Créteil, c'est un ouvrage qui travaille sans retour d'information. Avec la nappe à 2 mètres, le risque est chiffrable, pas une vue de l'esprit.



